Le Bruit du Vent

Fidèle à la Gauche et à l’écologisme, je voterai Mélenchon le 23 avril 2017

20 Avril 2017 , Rédigé par Matthieu Stelvio Publié dans #Société

 

Hollande s’est fait élire grâce à un mensonge en prétendant que son adversaire était la finance. Son manque de caractère l’a empêché de mener à bien ne serait-ce qu’une grande mesure de Gauche. Lionel Jospin a fait les 35 heures, la Couverture Maladie Universelle. Hollande rien, et est allé jusqu’à nous imposer un programme libéral avec Valls, Macron et El Khomri : travail le dimanche pour les plus précaires, casse de l’universalité du code du travail, facilité des licenciements… Hollande n’est pas de gauche, et son parti, phagocyté par les petits soldats vallsistes, n’est plus socialiste.

Hamon, homme de gauche et écologiste, pensait pouvoir reprendre le parti, et changer en quelques semaines sa ligne idéologique. Les faits démontrent que le défi était impossible, et que le PS est un boulet au pied de ce vaillant combattant, un boulet qui l’empêchera d’aller bien loin. En outre, Hamon a été surpris de gagner la primaire de la gauche, et n’était pas prêt à endosser le rôle de candidat à la présidentielle. Pour preuve, il a changé à de nombreuses reprises sa recette du Revenu Universel. « Un revenu pour tous les jeunes sans condition de ressources » devenu du jour au lendemain : « un revenu pour les jeunes, mais sous conditions de ressources ». Amateurisme. Hamon a de belles et grandes intentions, mais son programme manque de consistance. Son livre Pour la génération qui vient ressemble plus à un petit recueil de poésie en prose qu’à un programme politique longuement mûri. À l’inverse, Mélenchon n’est pas prisonnier des calculs absurdes des partis. Son programme (L’Avenir en commun, Éditions du Seuil, 3 euros) est le fruit d’une longue réflexion rendue synthétique et précise, organisée autour de centaines de milliers de militants (que je salue ! Heureux d'avoir été à leurs côtés lors des manifestations de l'an dernier.)

Hamon croit qu’il va gentiment renégocier les traiter européens libéraux avec Merkel grâce à un grand sourire béat, sans avoir à instaurer de rapport de force. Hollande pensait pareil, et n’a rien obtenu. Mélenchon veut sortir de ces traités européens libéraux qui nous imposent l'austérité budgétaire, une hausse de la TVA ; de ces traités libéraux qui nous poussent à une concurrence effrénée, qui détruisent nos services publics, qui nous obligent à renoncer au principe de précaution, et à accepter, par exemple, le retour des farines animales. Oui à l’Europe de la paix, mais non à l’Europe de la dictature économique ! Il nous faut un homme fort comme Mélenchon pour remporter le bras de fer face à Merkel, et construire une autre Europe : sociale et démocratique ! Ce qui pourrait être facilité par la probable victoire du Parti Socialiste allemand durant les prochains mois.

Hamon veut rester dans l’OTAN, l’OTAN des nord-américains, l’OTAN de Trump. L’OTAN qui nous pousse à intervenir dans des conflits qui ne sont pas les nôtres, des conflits dans lesquels germe le terrorisme. Hamon veut augmenter le budget de la défense, le faire passer à 2 % du PIB. L'armée est une de ses priorités budgétaires ; cet argent, je préfère le voir ailleurs ! Sous son grand sourire, Hamon a un grand projet militaire (une armée Europe - OTAN) faisant monter les tensions entre blocs. Un projet menaçant pour notre pays, et qui va à l’encontre de mon idéal pacifiste. Mélenchon veut sortir de ces ingérences et se rattacher au rationalisme de l’Organisation des Nations Unies.

Mélenchon est écologiste, et veut mener une politique ambitieuse de relance économique à travers les énergies renouvelables (éolien, solaire, maritime). En voilà des emplois ! Il veut fermer 18 réacteurs nucléaires entre 2017 et 2020, ce qui mettrait fin à d’importantes menaces pour notre environnement et les vies de nos enfants. Il faut arrêter d’écouter tous ces médias, maniés par des millionnaires, cherchant à nous faire oublier les drames irréparables que sont Fukushima et Tchernobyl. Mélenchon parle dans son programme des petits chemins de fer, de vélo, de souffrance animale, d’une nouvelle agriculture. Et ces sujets ne sont pas anecdotiques dans son programme, mais centraux. L’agriculture biologique et les circuits courts sont des solutions pour créer de nouveaux emplois, des emplois dignes, à mille lieues des emplois productivistes et abrutissants si chers au libéralisme de Macron.

Mélenchon veut reconstruire un service public humain. Que l’on m’explique comment les hôpitaux et les écoles fonctionneront mieux avec les 120 000 fonctionnaires en moins de Macron ! Hier, on enlevait à mon voisin un morceau de vésicule biliaire. Ce matin, je le croise exténué dans la rue : « Ils ne pouvaient pas me garder, ils m’ont fait partir ! » Pas de souci, tout va bien et tout ira mieux avec des fonctionnaires en moins ! Nos impôts doivent servir à financer une sécurité sociale intégrale, pour tous, mettant fin à ces mutuelles privées que beaucoup ne peuvent plus se payer ! Fixons nos priorités : l’humain avant l’argent.

Appartenant à la famille de Sanders et de Podemos, Mélenchon veut redonner un nouveau souffle à notre démocratie, mettre en avant les idées plutôt que les personnes, et en finir avec la monarchie présidentielle (révocation des élus, plus de référendums, sixième République).

Revalorisation des petits salaires, partage du temps de travail, distribution plus équitable des richesses, retraite à un âge décent, allocation d’autonomie aux étudiants, parité entre les salaires des hommes et des femmes, sixième semaine de congés payés… Les grands axes du progrès social sont fixés par le programme des Insoumis.

Si Mélenchon n’est pas au second tour, je ne voterai ni pour Macron, ni pour Fillon ni pour Le Pen, car sans même évoquer la xénophobie de certains, ces trois-là n’ont rien compris au problème central de notre époque : la course effrénée à la croissance vide notre planète de sa richesse, et cette crise écologique engendre de l’injustice sociale et du mal être. Assez de la concurrence sauvage que nous impose le libéralisme, des cadences infernales, de la politique du rendement à tout prix, de la souffrance au travail. Macron n'est pas de gauche, et n'aura jamais ma voix !

Après la crise de 1929, Léon Blum a instauré les congés payés et a fait passer la semaine de travail de 48 heures à 40 heures. La lecture de l'Histoire ne lui donne-t-elle pas raison face aux défenseurs de l'austérité de l'époque ? Le soir de l'élection de Mitterrand, la droite voyait déjà les chars soviétiques dans Paris... Dans un monde où l'argent domine les médias (Bergé, Niel, Pigasse...), Mélenchon a aussi le droit à ses caricatures hyperboliques. Ne nous y trompons pas : écoutons les mots de cet insoumis, lisons son programme, et vivement le retour de la Gauche !

Car oui, la Gauche peut l’emporter. Et cette occasion est rare. Selon les sondages, Mélenchon peut être dans le duo de tête du premier tour, et gagner très largement le second face à Le Pen. Il ne lui manque pas grand chose. Certains font la fine bouche, et préfèrent les envolées lyriques de Hamon ou les élans de vérité de Poutou. Libre à eux de refuser d’être pragmatique, de jouer les puristes, mais ils ne pourront pas se plaindre lorsque Fillon leur imposera de travailler plus pour gagner moins, lorsque Macron leur concoctera un emploi éjectable ou que Le Pen mettra des barbelés à nos frontières ! En cette année 2017, il n’y a qu’un seul moyen de faire gagner la Gauche, c’est de voter Mélenchon, et je le ferai avec enthousiasme. En espérant que mes amis feront de même (tout en respectant le choix des urnes, bien entendu).

MS, le 20 avril 2017

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VGBIO 21/04/2017 17:47

bravo! moi aussi! c'est le seul qui peut changer les choses en profondeur!