Le Bruit du Vent

Le Pen / Macron : mon abstention sera un cri de révolte !

26 Avril 2017 , Rédigé par Matthieu Stelvio Publié dans #Société

 

Merci à Benoît Hamon d’avoir joué la carte du rassemblement et de nous avoir permis d’échouer. Certains ont fait la fine bouche en choisissant Hamon plutôt que Mélenchon, alors que le candidat de la France Insoumise était, le 23 avril dernier, le SEUL choix de Gauche pour faire barrage au Front National. Ils ont refusé de voter utile ; libre à eux ! Je respecte leur choix, mais à présent, qu'ils respectent le mien : celui de ne pas glisser dans l'urne un bulletin contraire à mes convictions. Electeurs de Hamon, vous avez refusé de faire barrage au Front National au premier tour, je refuse de participer au barrage du second tour, tant celui-ci m'éloigne de mes idéaux !

 

Tous les journaux, toutes les radios font la même propagande : votez Macron pour faire barrage au Front National. Le même mot d'ordre jusqu'à l'écœurement. Les propriétaires des grands médias (Niel, Bergé, Pigasse…) se frottent les mains. Leur petit protégé va enfin prendre le pouvoir, et mener la politique dont ils rêvent. L’argent au pouvoir ! MEDEF, LVMH : TOUS POUR MACRON ! Avec Macron, à l'instar des patrons du CAC 40, ceux qui ont une situation confortable garderont leur belle situation, les autres continueront à galérer, encore et toujours plus. Comment ne pas être dupe de ces manipulations médiatiques ? Combien de Unes pour Macron en 2016 ? Combien de Unes pour Mélenchon ? Combien de Unes pour Hamon ? La France est 39e au classement 2017 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. L’indépendance de la presse n’est pas possible lorsque celle-ci est massivement entre les mains de multi-millionnaires.

 

Après avoir construit Macron à coups de Unes, voter Macron serait à présent un devoir ! Je ne tomberai pas dans leur piège. Permettez-moi d’être libre et de m’abstenir ! Que les donneurs de leçons du Parti Socialiste et des Républicains se taisent ! L'ascension de Marine Le Pen n'est-elle pas le résultat de leurs choix ultra-libéraux, technocratiques et anti-démocratiques ? L'ascension de Marine Le Pen n'est-elle pas la conséquence de leur refus d'avoir écouté le peuple lors du référendum de 2005 ? Assez de cette démocratie prise en otage entre le Oui de Hollande au référendum de 2005 et le Oui de Sarkozy au référendum de 2005, et à présent entre le Oui de Hollande à Macron et le Oui de Sarkozy à Macron ! Ras-le-bol de leur pensée unique nous laissant le choix entre libéralisme et libéralisme !

 

Non, je ne voterai pas pour le libéralisme économique de Macron et la concurrence sauvage, alors que nos emplois sont, de plus en plus, stressants et que les burn out se multiplient. Non à la prolifération des emplois éjectables. Travailler à la chaîne, faire passer la rentabilité avant l’humain ! Assez de ces politiques de casse humaine ! Assez de cette course infernale à la croissance qui tue les salariés à petit feu, qui tue notre planète et les générations futures !

 

Non, je ne voterai pas pour un ancien grand banquier qui insulte les petits travailleurs et qui glorifie les milliardaires. Je ne voterai pas pour un homme capable de flamber près d'un million d'euros par an qui ose dire : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler. » Je ne voterai pas pour un grand aristocrate qui ose dire : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. » Figurez-vous que je préfère les t-shirts aux costards, et avoir un travail utile plutôt qu’être milliardaire !

 

Non, je ne voterai pas pour un candidat qui veut briser des décennies de progrès social au nom de la libre concurrence, pour un candidat qui veut réduire notre temps de repos et nous faire travailler le dimanche, pour un candidat qui veut détruire les acquis sociaux des plus faibles pour enrichir les plus fortunés, pour un candidat qui veut casser l’universalité du code du travail, pour un candidat qui veut remplacer la sécurité sociale par des mutuelles privées, pour un candidat qui veut faire des économies drastiques sur la médecine du travail. Je ne voterai pas pour un ancien grand banquier qui ose proclamer : « Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires, c’est une nécessité. » « 35 heures pour un jeune, ce n’est pas assez. » « Les salariés français sont trop payés. » « Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. » « Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher. »

 

Non, je ne voterai pas pour un candidat qui remet en cause des impôts nécessaires au bon fonctionnement de notre société, des impôts permettant de redistribuer les richesses. Non, je ne voterai ni pour la démolition de l'Impôt Sur la Fortune, ni pour la ruine des communes par l'anéantissement des Impôts Locaux, ni pour le rabotage des cotisations sociales par les patrons.

 

Non, je ne voterai pas pour la suppression de 120 000 fonctionnaires, alors que nos hôpitaux et nos écoles se portent de plus en plus mal.

 

Défendant la justice sociale plutôt que la loi du plus fort, je refuse de donner la moindre légitimité à Macron, et suis prêt à assumer pleinement les conséquences de mon choix. Avec 62 % des intentions de vote (d’après les sondages), Macron gagnera facilement, et n’a pas besoin des voix de la Gauche pour l’emporter. Et même si cette marge était plus faible, je ne voterai pas pour Macron, car je ne suis pas convaincu que sur le long terme, pour l’avenir de notre société et de notre planète, son projet libéral soit meilleur que le projet de Marine Le Pen. Je suis un adversaire de la xénophobie, mais au-delà des mots, François Hollande (dont Macron était le bras droit) a-t-il accueilli plus de réfugiés que Marine Le Pen n’en aurait accueillis ? Je n’en suis absolument pas convaincu. Quoi qu’il en soit : ces deux-là n’ont rien compris au problème central de notre époque : la course effrénée à la croissance vide notre planète de sa richesse, et cette crise écologique engendre de l’injustice sociale et du mal être.

 

Notre cinquième République n’est pas démocratique. Voter pour une personne tous les cinq ans n’est qu’une duperie. Je ne cautionne pas ce système, et attends avec impatience l’émergence d’une société plus démocratique, où les citoyens voteront pour des projets plutôt que pour de soi-disant représentants. Dans ces conditions, et en l’absence d’un candidat porteur d’une profonde reconstitution sociétale, j’estime que l’abstention est un devoir. Une élection sans votants n’a plus de valeur ; l'abstention est le moyen de renverser la table, de faire perdre à nos soi-disant représentants politiques toute légitimité. Il faut se battre pour la démocratie, la vraie, celle imaginée et défendue par Jean-Jacques Rousseau qui, en 1762, écrivait : "La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n'y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est point une loi." Adeptes et respectueux des votations, les Suisses ont beaucoup d'avance sur nous.

 

MS, le 26 avril 2017

Partager cet article

Commenter cet article

marin 26/04/2017 20:53

je partage a 100% ; rendez vous pour les législatives