Le Bruit du Vent

Pétition : stop au massacre des bouquetins

3 Janvier 2014 , Rédigé par Matthieu Stelvio Publié dans #Bouquetins du Bargy

Pétition : stop au massacre des bouquetins

Emblématiques des Alpes, les bouquetins sont protégés par la loi française et par la Convention de Berne. Leur abattage est interdit depuis 1962. Cependant, suite à la découverte d’un foyer de brucellose, le Préfet de la Haute-Savoie a ordonné, dans le massif du Bargy, l’abattage de la totalité des bouquetins de cinq ans et plus, sans faire de distinction entre les individus sains et les individus contaminés. Cette décision a été prise contre l’avis du Conseil de Protection de la Nature. Pour masquer le massacre, cent-dix gendarmes ont bouclé la zone durant plusieurs jours. Plus de 230 bouquetins ont ainsi été tués ; et d’autres tirs sont à venir.

Les experts de l’ANSES et du CNPN estiment que le risque de transmission de la brucellose aux autres espèces est extrêmement faible et maîtrisable, et qu’il n’y a pas d’urgence à mettre en œuvre un plan d’action drastique. Se transmettant surtout par voie sexuelle, la maladie est circonscrite aux bouquetins du Bargy. Compte tenu d’un flagrant manque de connaissances, il était nécessaire de recueillir plus d’informations avant de prendre une décision. Hautement faillibles, les statistiques ne permettaient pas d’éclaircir la situation. Il se pourrait que 89% des mâles abattus ne soient pas contaminés !

Malgré l’avis des scientifiques, sous la pression de fédérations de chasse et d’agriculteurs, l’Etat a décrété l’urgence en négligeant la loi et les citoyens. Pour éviter toute remise en cause, la décision d’abattage massif n’a été rendue publique qu’au tout dernier moment ; ce qui constitue une grave atteinte à la démocratie. Face à une telle mesure, le code de l’environnement imposait le respect d’une procédure de participation du public ; l’Etat a, "semble-t-il", outrepassé la loi.

L’opacité autour de ce dossier a été très grande puisque 5 jours avant l’abattage massif, à peu près personne ne savait ce qui se tramait, y compris du côté des scientifiques. En un éclair, prenant de vitesse les journaux et les tribunaux, l’arrêté ordonnant l’abattage a été signé le 1er octobre 2013. Un jour plus tard, l’Etat avait abattu 197 bouquetins (sur les 290 à 520 individus du massif). Dans un délai aussi court, il était impossible de saisir la justice. Victimes d’un manque de transparence, les journalistes n’ont pas relevé certaines irrégularités. Ainsi, la loi précise que les bouquetins ne peuvent être abattus pour lutter contre un risque sanitaire que s’il n’existe pas une autre solution moins impactante. Or, pour le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), une autre solution plus satisfaisante existait (continuer le suivi, faire des tests, ne cibler que les animaux malades et pendant ce temps, étudier le vaccin). À ce titre, la décision de l’Etat n’est, "semble-t-il", pas conforme à la loi. Cette autre solution, préconisée par le CNPN, aurait sauvé au moins 100 animaux, voire tous en cas de concrétisation rapide de la transposition de la vaccination aux bouquetins !

L’Etat indique n’abattre que des animaux de cinq ans et plus, alors que l’âge d’un bouquetin ne peut pas être déterminé à distance de tir. De nombreux bouquetins âgés de 3 ou 4 ans ont vraisemblablement été tués, ce qui n’est pas conforme à l’arrêté ordonnant l’abattage, et donc à la loi. Les citoyens n’ont aucun moyen de contrôler ce qui se passe. L’Etat n’aurait d’ailleurs pas établi la liste de l’âge et du sexe des animaux tués. Pire, l’Etat n’a délibérément réalisé aucun prélèvement sur les animaux abattus, alors que ces prélèvements étaient cruciaux pour les scientifiques, car ils auraient permis de mieux comprendre la dynamique de l’infection et de faire face aux futurs foyers de brucellose ! Pourquoi une telle opacité ? Tout simplement parce que, contre l’avis du CNPN, de très nombreux bouquetins non contaminés ont été abattus : aucun tri n’a été fait ! Au moins 65% des bouquetins n’avaient pas la brucellose. Tout est fait pour contrer les enquêtes scientifiques indépendantes.

L’Etat a opté pour la solution la plus expéditive et la moins éthique. L’abattage massif, à l’aveugle, des bouquetins du Bargy n’est pas justifié puisque le risque de transmission aux autres espèces et à l’Homme est extrêmement faible. Il y avait d’autres solutions, le CNPN l’a affirmé. La démesure de la peur d’un décideur ne doit pas l’emporter sur la mesure des analyses scientifiques. Il y a autant de raisons d’abattre massivement les bouquetins du Bargy que d’abattre les chats et les chiens pour lutter la toxoplasmose congénitale et les septicémies. Non, les bouquetins ne sont pas des variables d’ajustement, ce sont des êtres sensibles. À l’heure actuelle, les abattages continuent ; et le Préfet pourrait ordonner l’extermination de l’ensemble des bouquetins du Bargy. Pour que le massacre cesse, diffusons la pétition :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Petition_Stop_a_labattage_des_bouquetins_du_Bargy

Dossier complet soutenu par des associations reconnues d’utilité publique : http://lebruitduvent.overblog.com/bouquetinsdossier.html

Pétition : stop au massacre des bouquetins
Pétition : stop au massacre des bouquetins
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johanne gravino 21/01/2014 20:33

OUI STOP AU MASSACRE

RICHARD 04/01/2014 23:24

Stop au massacre!

christiane 06/01/2014 19:40

Mais que faire?????On se sent tellement impuissants face aux décisions d en haut!!