Le Bruit du Vent

Bouquetins du Bargy : les instances scientifiques déplorent le massacre

21 Mars 2014 , Rédigé par Matthieu Stelvio Publié dans #Bouquetins du Bargy

Bouquetins du Bargy : les instances scientifiques déplorent le massacre

Les instances scientifiques dénonçant les conditions d’abattage des bouquetins se multiplient : le CSRPN vient de rendre son avis ! De son côté, le préfet de la Haute-Savoie reste muet face à la lettre ouverte du 18 février.

Emblèmes des Alpes, les bouquetins sont des animaux protégés ; ils sont interdits de chasse depuis 1962. Pourtant, en Haute-Savoie, dans le massif du Bargy, l’Etat a ordonné l’abattage de tous les bouquetins de cinq ans et plus (ce alors que l’âge d’un bouquetin est bien souvent impossible à déterminer à distance de tir). Contrairement aux recommandations des instances scientifiques, lors des tirs, aucune distinction n’est faite entre les animaux sains et les animaux malades. En théorie, pour délivrer une dérogation portant sur une espèce protégée, le préfet de région est censé saisir le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN), instance composée de 23 scientifiques issus, entre autres, des universités et des organismes de recherche. Aussi triste que cela puisse paraître, le préfet de région a omis de saisir cette instance sur la question de l’abattage de centaines de bouquetins !

Sans doute agacé par cette mise à l’écart, le CSRPN s'est lui-même autosaisi (!) sur la pertinence des abattages ordonnés. Adoptée à l’unanimité des présents, sa conclusion est sans appel : « le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de Rhône-Alpes regrette très vivement que l'avis du CNPN [Conseil National de Protection de la Nature], étayé scientifiquement, n'ait pas été suivi par les autorités compétentes ».

Le CSRPN « déplore que des mesures radicales aient été appliquées dans l’urgence, et qu'aucune analyse n'ait été pratiquée sur les animaux abattus. » Point corroboré par le vice-président de la commission faune du CNPN qui affirme qu’« ordre a été donné de la préfecture de ne pas effectuer de prélèvements à but scientifique sur les cadavres, obérant ainsi lourdement les études en cours ». A cet égard, la LPO et la FRAPNA ont exprimé leur « incompréhension » et leur « stupéfaction ». Par ce manque de transparence, l’Etat cherche à faire oublier les très nombreux animaux sains qui ont été, sont et seront injustement tués ; et ce en dépit de la loi française et de la convention de Berne. L’Etat n’écoute pas le monde scientifique, et fait preuve d’une opacité accablante : mensonge (rétrospectivement flagrant) du préfet de la Haute-Savoie face à la télévision, estimation insensée face au juge des référés, absence de consultation citoyenne, bouclage militaire du massif, refus de fournir la liste des animaux abattus classés en fonction de leur âge, refus de pratiquer des analyses sanguines sur les bouquetins tués. Cette opacité est vivement dénoncée par des scientifiques et par des associations reconnues d’utilité publique.

Pouvant être gérée autrement, l’épizootie de brucellose du Bargy ne justifie nullement les abattages drastiques ordonnés puisqu’il est scientifiquement établi que le risque de contamination des bouquetins aux autres espèces est, selon l’expression des experts, « extrêmement faible ». L’Agence de Sécurité Sanitaire a ainsi écrit que son analyse « ne permet[tait] pas de confirmer la nécessité de mettre en œuvre dans l’urgence les actions d’abattage envisagées, compte tenu en particulier de leur ampleur et de leur nature ».

Cette gestion hâtive et irraisonnée de notre patrimoine naturel doit cesser et nous faire réagir. Avec l’appui de l’ASPAS, de FERUS, de la FRAPNA, de la LPO et de ONE VOICE, conformément aux avis scientifiques du CNPN et du CSRPN, nous vous appelons donc à signer massivement la pétition demandant à ce que l’abattage à l’aveugle des bouquetins ne soit pas poursuivi : http://www.sauvonslesbouquetins.com

Texte et photos : MS
Texte et photos : MS

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masri 13/04/2014 10:31

je fais part de ma profonde tristesse et de mon ecoeurement devant ce massacre.