Le Bruit du Vent

Principe de précaution : après les bouquetins, la France pourrait-elle exterminer ses chats ?

15 Novembre 2013 , Rédigé par Matthieu Stelvio Publié dans #Bouquetins du Bargy

Principe de précaution : après les bouquetins, la France pourrait-elle exterminer ses chats ?

Pour les énarques français, détruire des espèces animales abaisse significativement le risque de transmission de nombreuses maladies. Peu importe qu’un risque soit minime : tant qu’il n’est pas nul, il faut l’abaisser !

Le Préfet de Haute-Savoie a, semble-t-il, une part de responsabilité dans la psychose de la grippe A. (1) Lorsqu’en 2012, il apprend qu’une minorité de bouquetins du Bargy est infectée par la brucellose, il demande l’abattage de tous les bouquetins du massif. Suite à cette demande, les bouquetins étant interdits de chasse et protégés (2)(3), l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) est saisie. Début septembre, l’Anses rend un rapport de 46 pages. (4) Pour les experts, un temps de réflexion supplémentaire est nécessaire, et il n’y a pas d’urgence à agir. Il faut prendre le temps de comprendre la dynamique de la maladie et d’étudier la solution de la vaccination. (4)

Après l’éradication d’un foyer bovin, des milliers de tests sont effectués : les cerfs, les chevreuils, les vaches, les moutons, les chèvres ne sont pas contaminés ; et le risque de transmission de la brucellose aux autres espèces est jugé « extrêmement faible » par les experts. Sur le plan humain, nous avons cent mille fois plus de chances de mourir en nous faisant renverser par une voiture que de nous faire tuer par un reblochon contaminé par un bouquetin ! Et d’une, le risque de transmission de la brucellose des bouquetins aux vaches est minime, car ces espèces ne sont pas en contact (un cas bovin en 13 ans d’absence de vigilance, un cas sur 1300 troupeaux). (4, p°2)(5, p°7) Et de deux, même si par accident les vaches entraient en contact avec les bouquetins, la contamination d'une espèce à l'autre se produit vraisemblablement par le rarissime biais de l’ingestion d’aliments souillés par des produits d'avortement. Or, pour avorter, les bouquetins ont tendance à s’isoler dans des zones rocheuses peu accessibles aux autres animaux. (5, p°7 et 8) Et de trois, sachant désormais que des bouquetins sont infectés, le risque de contact vaches – bouquetins devient encore plus faible du fait de la mise en place de règles de vigilance ! (4, p°13) Et de quatre, si jamais le réel défiait les statistiques, 40 à 80% des vaches contaminées, asymptomatiques, n’excrètent pas la bactérie dans leur lait ! (6, p°3 et 9) Et de cinq, à présent, des contrôles bactériologiques sont effectués sur le lait ! (5) Et de six, la bactérie est inactivée par le processus d’affinage du fromage (ou par la pasteurisation) ! (6, p°12)(7) Et de sept, pour celui qui n’a vraiment, mais alors vraiment pas de chance, tout n’est pas perdu puisque, chez l'humain, la brucellose a un taux de létalité inférieur à 5% ; et ce, sans traitement ! (8, p°1) Et de huit, les antibiotiques sont très souvent efficaces ! (9)

En somme, s’il est vrai que les bouquetins représentent un risque sanitaire non nul, il est avéré que ce risque est extrêmement faible. (7) Pourtant, l’Etat a ordonné un abattage massif de bouquetins sans même faire de distinction entre les individus sains et les individus malades. Cette décision qui vise des animaux protégés par la Convention de Berne invite à se poser de nombreuses questions. Chaque année, en France, les chats sont à l'origine de centaines de toxoplasmoses congénitales. Chaque année, les chiens transmettent aux hommes des tiques vectrices de la maladie de Lyme. Chaque année, des dizaines de milliers de personnes sont hospitalisées suite à des morsures de chiens, qui peuvent avoir des conséquences graves (tétanos, septicémie). Tous les êtres vivants représentent un risque sanitaire non nul, a-t-on, cependant, l’idée, au nom du principe de précaution, de tous les abattre ? Heureusement, pas encore, mais la peur est souvent mauvaise conseillère, et il est difficile de croire que son emprise sur nos énarques décroisse.

Ne pas dire Non aujourd’hui, c’est ne plus avoir de freins demain. Pour protester contre un abattage que le Conseil National de Protection de la Nature ne cautionne pas (7), vous pouvez signer cette pétition :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Petition_Stop_a_labattage_des_bouquetins_du_Bargy

Peinture : Auguste Renoir. Texte et photo 1 : Matthieu Stelvio. Photo 2 : Anonyme. Ce texte est une réécriture de "Psychose sanitaire : les bouquetins sont-ils dangereux ?"
Peinture : Auguste Renoir. Texte et photo 1 : Matthieu Stelvio. Photo 2 : Anonyme. Ce texte est une réécriture de "Psychose sanitaire : les bouquetins sont-ils dangereux ?"

Peinture : Auguste Renoir. Texte et photo 1 : Matthieu Stelvio. Photo 2 : Anonyme. Ce texte est une réécriture de "Psychose sanitaire : les bouquetins sont-ils dangereux ?"

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le toine 01/05/2014 23:22

On tue des herbivores ou du moins on les massacre , on protège : Vautour, Loup , Ours,Gypaète ;
On se die pays civilisée : je suis impressionnée .
Aller a qui le tour la prochaine fois ?:
Les marmottes qui sont trop grasse a cause du réchauffement climatique ?
Les castors de la vallée de l’arve , eux qui modifie les cours d’eau et coupe les saules ?
Les hirondelles oui car elle sont devenus si rare que si elle disparaisse on Vera que du feu !
De toute façon a la vitesse des décisions a massacrer la nature on vas se retrouver a regarder un dvd des animaux vivants dans un avenir proche : on diras oui le réchauffement climatique et ses conséquence .