Le Bruit du Vent

Bouquetins : les abattages à l’aveugle rendus caduques par un nouveau test

18 Juillet 2014 , Rédigé par Matthieu Stelvio Publié dans #Bouquetins du Bargy

Bouquetins : les abattages à l’aveugle rendus caduques par un nouveau test

[Rappel du contexte. Emblème des montagnes, le Bouquetin des Alpes a failli disparaître au XIXème siècle. Suite à la protection des derniers spécimens terrestres, l’espèce a échappé à l’extinction, et a pu être réintroduite dans quelques massifs. Bien que la loi interdise l’abattage de ces animaux, le préfet de la Haute-Savoie a ordonné, en octobre dernier, l’abattage de tous les bouquetins de cinq ans et plus du massif du Bargy, car parmi eux, certains sont atteints de brucellose. Au nom du principe de précaution et pour des motifs économiques, l’Etat procède donc à des abattages massifs sans faire de distinction entre les individus malades et les individus sains, ce qui est contraire aux recommandations scientifiques du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN).]

Condamnant de nombreux bouquetins sains, cette précipitation est une grave erreur qui porte lourdement atteinte à la biodiversité des Alpes. Il est aujourd’hui établi qu’en déstructurant les structures familiales, ces abattages à l’aveugle n’ont fait qu’accélérer la propagation de la maladie.

Afin d’endiguer ce bain de sang, un nouvel élément doit impérativement être pris en considération. Plusieurs fois mentionné sur Le Bruit du Vent, le test permettant une détection rapide sur le terrain est désormais au point. Selon la FRAPNA, il serait fiable à 100%.

Avant l’invention de ce test, pour savoir si un bouquetin était contaminé par la brucellose, il fallait l’anesthésier, le marquer, lui prélever un échantillon de sang, analyser l’échantillon en laboratoire, puis, le cas échéant, retrouver l’animal marqué pour l’abattre ou le traiter. Le nouveau test de terrain simplifie énormément la démarche de diagnostic. En effet, à présent, pour savoir si un bouquetin est contaminé, il suffit de l’anesthésier et de le tester sur place, sans avoir à le marquer et à le retrouver, ce qui permet donc d’agir en une seule d’intervention.

Evoquée dès septembre 2013 par le CNPN, la mise au point de ce test n’a rien d’une surprise. La brucellose étant présente en Bargy depuis quinze ans, il est regrettable d’avoir ordonné, contre l’avis du CNPN, l’abattage de centaines de bouquetins à l’aveugle sans avoir attendu les quelques mois nécessaires à la création de ce test… qui change tout ! En effet, il est stipulé dans l’arrêté d’octobre 2013 que les abattages à l’aveugle sont motivés par l’inexistence d’un test de diagnostic rapide. La mise au point du test en question impose donc l’abrogation de l’arrêté !

Ignorant cette grande avancée technologique, le préfet de la Haute-Savoie, connu pour son entêtement et sa paranoïa, vient de demander au ministère de l’Ecologie l’abattage de TOUS les bouquetins du Bargy, sans qu’ils ne soient testés. Cette demande est plus que jamais irrationnelle.

Le ministère de l’Ecologie doit faire preuve de sagesse en suivant les avis scientifiques du CNPN, et ne pas oublier que les bouquetins sont des animaux protégés et emblématiques de nos montagnes, si emblématiques que notre pétition a déjà récolté plus de 43.000 signatures.

Par ailleurs, il est incompréhensible que l’étude sur la vaccination des bouquetins n’ait pas été lancée, alors que cette étude est évoquée par l’ANSES, et qu’un vaccin pour les caprins est déjà sur le marché. Si l’étude avait été lancée au moment opportun, le vaccin des bouquetins serait sans doute déjà au point, et le problème de la brucellose serait probablement résolu en Bargy. La vaccination est la solution du long terme contre la brucellose : la démonstration en a d’ailleurs déjà été faite chez les bovins et les ovins.

En ordonnant ces centaines d’abattages à l’aveugle, l’Etat joue à l’apprenti sorcier, et ne fait qu’accélérer la propagation de la maladie. Les chiffres le démontrent. Cette gestion inhumaine et irrationnelle de la biodiversité doit cesser. Comme le demandent plus de 43.000 citoyens et le Conseil National de Protection de la Nature, plus aucun bouquetin ne doit être abattu sans être testé.

Pour les bouquetins, signez la pétition sur http://www.sauvonslesbouquetins.com (Le contact avec le ministère est établi, les signatures ne sont pas vaines.)

Texte et photos : Matthieu Stelvio
Texte et photos : Matthieu Stelvio
Texte et photos : Matthieu Stelvio

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